Episode 22: Va de Bon Cœur : une cathédrale des mers pour Bonita 2025

Dernière mise à jour : 4 sept.
C’était un fameux 2-mâts fin comme un oiseau, hissez haut, Va de Bon Cœur ! 16,7m de long (55 pieds), 4,85 de large, 20 tonnes et 19 m de grand mât, nous sommes fières d’y être matelotes.
Va de Bon Cœur est bien plus qu'un voilier. Pour l'équipage de Bonita 2025, cette rencontre marque une étape importante dans la préparation de la suite de l'aventure.
Le projet Bonita2025 est un entrainement parfait pour trouver l’équilibre entre le lâcher prise, faire confiance à la vie et à nos bonnes étoiles tout en tenant bon la barre et en gardant le cap. Après avoir recherché et trouvé un bateau standard de 40 pieds pour continuer notre croisière 2025, nous avons renoncé à la facilité pour chercher un bateau plus fidèle à l’histoire de nos 5 héroïnes que nous commémorons. Et la vie nous a placé sur notre chemin une première bonne étoile, Alain Linder, navigateur genevois passionné, qui nous a guidées vers Va de Bon Cœur et son propriétaire, Raymond Jaunin, notre deuxième bonne étoile.
Connaissez-vous l’histoire de Va de Bon Cœur ?
Va de Bon Cœur, c’est le bateau d’une vie, c’est 40 ans pour fabriquer son bateau de ses propres mains, c’est faire d’un rêve une réalité. Cette histoire lémanique est tellement incroyable que la RTS y a consacré plusieurs documentaires.

Nous sommes descendues en équipe réduite à Port-Saint-Louis-du-Rhône avec Alain pour rencontrer Raymond et voir ce fameux bateau. Rendez-vous au bout de l’allée à gauche du chantier naval! Va de Bon Cœur trônait sur son ber[1] droit et fier, immense. Raymond nous fit signe depuis le pont : « Montez ! ».
Nous passons le week-end à faire connaissance, à nous raconter nos aventures en mer, à mieux comprendre l’esprit du bateau et de son créateur. Nous visitons chaque recoin. Nous scrutons le moteur, les batteries, allumons les instruments de navigation, discutons du guindeau[2] et surtout, nous savourons la beauté des boiseries. Il est costaud et beau ce bateau. J’aime particulièrement le plafond du carré[3] avec toutes ses fines lattes de bois, et Dyna s’extasie devant la solide fixation du gouvernail. Nous sommes impressionnées par la masse de travail que tout cela a nécessité et continue à générer.
Raymond, avec toute sa générosité et spontanéité habituelle, nous demande : « Et alors, vous l’aimez mon bateau ? ». La réponse claque. « Oui » s’écrie notre skippeuse. La tension de trouver un bateau qui chargeait mes épaules depuis plusieurs mois se dissipe. Une nouvelle histoire est entrain de s’écrire, ou plutôt plusieurs histoires sont en train de continuer à s’écrire en s’entremêlant.

Nous revenons de ce week-end avec des étoiles plein les yeux, et en nous sentant extrêmement privilégiées. Toutefois, il nous reste une petite crainte au fond du ventre. Ce bateau sera exigeant. Dyna : « C'est une cathédrale. Les dimensions donnent une idée des forces en jeu et des efforts à développer. C'est absolument fantastique de passer un moment à bord, et très impressionnant aussi. Il faudra un engagement total et une préparation importante - pour un mouillage ou une prise de ponton. Il y a 15 m entre la barreuse et la proue ... » Un défi de taille nous attend au sens propre comme au figuré.
Valérie Bauwens
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[1] Un ber ou berceau est une charpente de bois qui supporte un navire et glisse avec lui pendant le lancement. On appelle aussi ber un appareil dans lequel on place un bateau pour le haler à terre, sur un slipway par exemple, ou pour le maintenir droit pendant les réparations ou le transport par voie ferrée.
[2] Le guindeau est un treuil utilisé sur les navires pour relever l'ancre.
[3] Sur un bateau, le carré est un lieu de réunion et de restauration pour les membres de l’équipage. C’est une sorte de salle à manger.


Bravo les filles.
Magnifique équipée ! Bravo à vous, toutes et tous !
Pensée à vous, bise à Carinne,
Kani
cool
Incroyable! Trop cool les filles😍⛵️