Episode 26: Passer le faubert à l’île des choux pour croire dans ses rêves…

Nous avons mouillé hier soir sous l’île dei Cavoli, tout en bas de la Sardaigne. C’était aussi leur premier arrêt des filles en 1925, arrivées d’une traite depuis La Maddalena, la malaria ne les incitant pas à aborder cette belle île et sa côte peu hospitalière côte est.
En 1925, Pa’Choum (Marthe), l’équipière de Miette et Kini, se demandait au début son livre Quand j’étais matelot : à quoi rêvent les jeunes filles ? Et nous un siècle plus tard ? Le gros papillon de nuit, un Sphinx, venu se cacher sur un bi-kini, nous incite à vous révéler quelques mystères.

Il est très émouvant de se retrouver dans le mouillage sous cette île des choux (isola dei Càvoli) et de penser que demain nous passerons le cap saint Elie (capo Sant Elia) avant de faire escale à Cagliari et que, tout comme elles, nous ferons un bon repas arrosé au Chianti !
Cependant, il faut aussi l’avouer ce ne sera jamais le même voyage, ni même exactement le même parcours. Plus rien n’est pareil, ni les sites, ni les bateaux, ni les gens. Dans ce site magnifique, il faut mettre des bouchons d’oreilles pour se couper d’une entêtante disco nocturne et tirer les rideaux se protéger des LED éblouissants venus de la station balnéaire de Villasimius.
C’est donc bien notre propre voyage, vers nous et vers nos rêves que nous réalisons en empruntant leur parcours.
Ponyo, dont c’est la première grande navigation en mer, se prépare à son examen théorique du permis mer.

Flash et Jumpy engrangent une partie de leurs 1’000 miles pour valider leur permis suisse.

Dans l’attente de résultats médicaux, Sunny, qui a navigué dans quatre mers et sur quatre océans du globe, se ressource en savourant la beauté de l’île et la douceur de la vie à bord.
Dyna, notre skipper, surnommée Yoda durant l’expédition, est comme Ella. Elle est à l’affût de notre futur bateau de rêve à louer (ou emprunter ?) pour continuer l’aventure des Bonitas d’abord en Sicile, puis en Grèce.

Tandis que moi, je réussis à attraper un premier mal de mer en cherchant à comparer les notes succinctes du livre de bord de la Bonita avec les cartes ou applications d’aujourd’hui. Je me sens à des milliers de miles de la performance réalisée par Miette avec son sextant prêté par les Anglais (qu’elles leur rendront lors de leur seconde rencontre avec eux en Grèce, ayant récupéré en Sicile celui de Leopold de Saussure, son père officier de marine).
Alors pour se consoler de la dure vie d’apprentie matelote, rien de mieux que de passer le faubert !
Vives les faubertines !

Dans le langage maritime, un faubert est un balai composé de fils de caret, utilisé pour laver ou sécher les diverses parties d'un bateau ; cette action s'appelle « essarder » ou « fauberter ».
Le matelot chargé de cette tâche était appelé “fauberteur”. (Wikipédia).

Nos inspiratrices se servaient de ce balai à long poil pour humidifier leur youyou (nommé Bécarre et dessiné par Miette) pour nettoyer le pont avant de se jeter de grands seaux d’eau de mer sur le dos en guise de douche. Justement c’est l’heure d’aller faire un grand plouf ! L’eau est à 28 degrés et des bancs petits poissons s’agitent autour du bateau, le rêve est là, il suffit d’ouvrir les yeux et juste d’oser !
Signé, les Bonitas
Sardaigne, Italie, 14 septembre 2026



Bravo et bon vent aux faubertines! A quant l'expérience du sextant?
Le faubert !