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Episode 19: quand surgit un incident

  • Photo du rédacteur: Valérie Bauwens
    Valérie Bauwens
  • il y a 4 heures
  • 3 min de lecture
Plage d'argent, Corse, septembre 2025, et Avel Eol au mouillage
Plage d'argent, Corse, septembre 2025, et Avel Eol au mouillage

Ils ont relevé le défi que Christine Saupagna Isler, leur enseignante de français leur avait donné dans le cadre de leur cours de français. Les élèves de la classe de VP1 de l'école de Cugy ont inventé des récits d’aventure inspirés de notre voyage en mer et de celui des filles en 1925.


Le sujet donné:  "Des navigatrices sont parties en mer pour vivre l’aventure. Au mouillage dans une crique, elles se reposent lorsque surgit un incident que vous raconterez.  Vous avez le choix entre:

·       une avarie

·       une maladie

·       une tempête

·       une intrusion"

 

Certains ont donc imaginé un animal parasite à bord (chasse au rat), un migrant caché depuis Marseille dans la « soute », un pudding laissé à refroidir sur le pont et sur lequel un pied hasardeux va glisser, etc…

 

Bravo à nos aventuriers en herbe !

 

Et maintenant, place aux grands frissons.


 

La mer était turquoise, le ciel azur et l’île paradisiaque. Elle semblait tendre ses bras aux marins en quête de repos sur cette mer trop grande.

Les trois navigatrices n’hésitèrent pas. Elles lancèrent l’Octavus, un solide voilier bien qu’il ait déjà son âge sur la première crique qui vint à leurs yeux.

La plage était belle, et une sieste sous les cocotiers s’improvisa. Le sommeil ne se fit pas attendre, et elles tombèrent une à une dans les bras de Morphée.

Les trois aventurières dormaient déjà depuis longtemps lorsque le ciel vira au noir…

 

Elles furent réveillées pas la foudre, qui frappa un palmier avant d’enflammer la forêt environnante. Devant ce spectacle horrifiant, elles semblaient aux portes de l’Enfer, avec d’un côté la jungle embrasée, et de l’autre la mer déchaînée. Malgré la panique, Miette, la plus expérimentée des trois femmes, réalisa que le vieux paratonnerre qu’elle avait fixé sur l’Octavus dans sa lointaine jeunesse, n’était sans doute plus fonctionnel depuis des années.

 

Alors, retenant avec difficulté son épaisse chevelure blonde qui lui tombait sur le visage, elle fit signe à ses amies de la suivre. Elle prit alors son courage à deux mains, et se jeta dans la mer entre deux séries de déferlantes. Après être montée sur l’Octavus, elle tracta ses amies, et usant de tout son sang-froid, elle noya sa peur et les calma.

 

Elle leur expliqua comment procéder. Il fallait quitter au plus vite la crique pour éviter de fracasser l’Octavus contre les rochers, puis sortir de la tempête en priant pour que la foudre ne tombe pas. La manœuvre fut magnifiquement réussie, en passant de travers les lames de fond pour éviter de se retourner.

 

La crique était maintenant derrière elles, et à force de manœuvres difficiles, elles quittèrent finalement l’œil de la tempête. 

 

Victor Conus

10 VP1

 


Une si petite chose.


La mer grondait. Le vent hurlait, la pluie tombait. C’était la tempête.

Les fourmis sortaient sur le pont, elles étaient quatre, elles avaient peur, rentre les voiles, rentre les voiles, occupe-toi des bouts, j’ai peur, tais-toi, une fourmi hurla, tais-toi j’ai dit, deux fourmis descendirent quatre à quatre les marches menant au carré, allume la radio, je remonte, attends j’entends quelque chose, non ça grésille, il n’y a plus rien, nous sommes perdues.


La peur des fourmis était palpable, elles couraient, elles tiraient, elles manœuvraient, elles pleuraient. Leur petit cœur de petites choses bâtait fort, ça résonnait dans tout le bateau, elles moururent, elles ressuscitèrent, comme d'un arrêt de quelques instants, laissant entrevoir l'horreur et la terreur qui emplissaient leur petit coeur de petite chose.

La tempête reprit, plus forte et plus puissante qu'auparavant.

Malheur aux fourmis, seules sur leur minuscule bateau dans le grand océan, malheur à ces femmes, enchaînée dans un titanesque combat face à Neptune. L'océan les enserre dans ses doigts crochus, elles étouffent déjà. Quel étrange mythe que celui de cette vengeance millénaire, qui a lancé mille bateaux sur les récifs, éventreuse de mille coques et de mille voiles.


Ah, fit l'une des fourmis, mes amies, face à la mort, aurions-nous le courage de songer aux splendeurs passées ? Trouverions-nous la force de retracer une vie ?

Sur ces mots, les fourmis entonnèrent alors un chant, chant de marin, chant de femme, chant de petites choses, perdues devant l’immensité de la mer. Chant de fourmi peut-être ?


Une vague s’écrasa, une autre s’infiltra, la dernière noya.

 

Vais-je mourir ?

 

Je suis morte


Nora, 10 VP1



 
 
 

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