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Episode 28: mission 2026 accomplie !

Photo du rédacteur: Valérie Bauwens
Valérie Bauwens
il y a 1 heure
4 min de lecture

  • Champagne cuvée spéciale
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  • Mission 2026 accomplie

 

Dimanche 20 septembre, après 250 milles nautiques et un siècle d’histoire dans notre sillage, nous atterrissons à Genève, les bagages remplis de magnifiques souvenirs.

Tout a commencé le 5 septembre 2026. Nous étions six femmes à embarquer sur un voilier de 45 pieds, depuis l’île de Carloforte, au sud-ouest de la Sardaigne. Sur le papier, notre mission semblait simple : deux semaines pour naviguer, nous entraîner et, surtout, apprendre à faire équipage.


La réalité était cependant plus complexe. Certaines d’entre nous se connaissaient déjà bien, d’autres pas, et nos expériences en mer étaient très différentes. Quelques autres questions traînaient dans un coin de nos têtes : suis-je suffisamment en forme ? Est-ce que je maîtrise assez bien mes nœuds ? Et si j’avais le mal de mer ? Sans oublier notre défi principal : comment dompter une bête de dix tonnes et composer avec les éléments ? Alors au diable ces doutes, lançons-nous !


Yoda au sommet du mât
Yoda au sommet du mât

Tout d’abord, nous avons consolidé nos compétences techniques sous l’œil bienveillant de notre skippeuse Yoda. Nous avons répété les manœuvres jusqu’à ce que les gestes deviennent naturels et que nous trouvions notre rythme collectif. Nous avons aussi appris de nos maladresses et des imprévus auxquels on est inévitablement confrontées en navigation. Et hop, l’ancre qui file trop vite au fond de l’eau ! Et zut, la chaîne qui se coince et refuse de descendre ! « C’est quoi, ce truc bizarre qui pendouille au sommet du mât ? On dirait une antenne VHF… » C’est dans ces moments-là que notre skippeuse mérite pleinement son surnom de Yoda : quand tout dérape, elle trouve toujours la solution.


Notre bateau depuis la plage
Notre bateau depuis la plage

À côté des gestes techniques, notre communication s’est aussi ajustée. Nous avons de plus en plus vécu ces moments où plus personne ne parle et où un regard échangé pendant une manœuvre suffit. Quelque part entre deux virements de bord, les fins réglages de voiles et les milles qui défilaient sous la coque, quelque chose s’est construit. Sans parler des longues discussions du soir, les anecdotes d’aventures vécues aux quatre coins du monde. Nous avons beaucoup parlé, beaucoup ri, beaucoup partagé. Des histoires profondes, légères, parfois complètement improbables.


Ce qui a sans doute aidé, ce sont les moments de pur bonheur. Des bords à 10 nœuds sous un force 4 bien établi, le bateau qui accélère et cette sensation grisante que, pendant quelques instants, tout est parfaitement à sa place. Il y a les criques de rêve, où nous n’avons plus échangé un mot pendant deux heures pour écouter les chants de cigales et les tintements des cloches des vaches. Les anecdotes : les bons petits plats de Niki, un gommage au marc de café qui ne se nettoie pas aussi bien que prévu, des masques au concombre, le nettoyage régulier du pont au faubert (diantre !), quelques envolées à la drisse de gennaker. What else ? Cette croisière nous aura permis de vivre pleinement le moment présent, au rythme de choses finalement très simples : le vent, le bateau, les autres, les mouillages, les repas.


Ponyo à l'abordage
Ponyo à l'abordage

Et, alors, aucune mutinerie à signaler ? Ponyo dans le remake des pirates des Caraïbes? Au contraire, c’est l’ouverture à l’autre et la bienveillance pour donner à chacune sa place que nous retiendrons. C’est la richesse qui naît lorsque six parcours différents se retrouvent sur quelques mètres carrés, avec la mer pour horizon. On apprend beaucoup des autres en les écoutant, et peut-être encore davantage en les observant : leur manière de réagir, d’aider, de prendre leur place ou de la laisser à une autre. À bord, chacune a progressivement trouvé la sienne, sans jamais s’y enfermer. Les rôles ont circulé, les automatismes se sont créés et, presque sans nous en rendre compte, nous avons grandi ensemble. Et pour couronner le tout, nous avons célébré deux totémisations. Bienvenue à Ponyo (Aline) et à Niki (Carinne).


Pour conclure, naviguer dans le sillage du Bonita 1925 et de nos cinq aventurières, c’était aussi regarder autrement les paysages que nous traversions. Repasser, un siècle plus tard, sur leurs traces, retrouver certains lieux comme le cap Sant’Elia, le capo Cavolo ou la basilique Notre-Dame de Bonaria, reconnaître ce qu’elles avaient vu et observer ce qui avait changé. Un siècle nous séparait ; les bateaux, les moyens et le monde avaient changé, mais la mer et ses défis continuent de relier nos histoires.


Capo Cavolo  Villa Simius
Capo Cavolo VillaSimius

Alors, mission accomplie ? Nous étions parties pour naviguer et renforcer un équipage. Nous sommes revenues avec quelques nouveaux surnoms, davantage de confiance et de complicité, et surtout l’envie de continuer à avancer ensemble. Parce qu’au fond, faire équipage, ce n’est peut-être pas seulement apprendre à bien naviguer ensemble. C’est apprendre à regarder dans la même direction, tout en laissant à chacune la liberté d’être pleinement elle-même.


La mission 2026 est accomplie ! Vivement l’année prochaine pour reprendre, en bonne et due forme, le sillage du Bonita, de la Sardaigne à la Sicile.


"Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent."
"Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent."

Signé, les Bonitas Ponyo, Flash, Niki, Jumpy, Yoda et Sunny

Sardaigne, Italie, octobre 2026


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