Episode 14: golfe de Murtoli (Corse) à la Maddalena (Sardaigne)
- Valérie Bauwens

- 1 oct. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 6 oct. 2025
1925: Soupçons d'espionnage à la Maddalena
Pour éviter la houle, les pêcheurs les avisent de longer la côte Est de la Sardaigne. Bonita fait maintenant route en direction de la Maddalena.
Son équipage croit qu'en battant pavillon français et en restant au large des forts, le passage est possible au travers de l'archipel. Mais trop occupé à admirer le coucher de soleil et l'île granitique de la Caprera, il ne s'aperçoit pas qu'un grand sémaphore leur lance des signaux.
Soudain, trois coups de canons retentissent sur la gauche ! Boum, les coups de canon se renouvellent.
"Ah, le sémaphore là-bas fait des signaux." Ella lit: "J'ai le feu à bord" - Fou rire! - On regarde mieux: c'est dans l'autre sens, M.N. = "Stoppez immédiatement !" Diable !
Une embarcation se détache du rivage et se dirige vers nous. Ils nous crient en italien: "Ordre du commandant de place de virer et d'aller à la Maddalena!" Voiles amenées, Bonita est prise en remorque.
À 20h, Bonita mouille devant la capitainerie. Bonita est soupçonnée d'espionnage ! La police fouille la cabine à la recherche d'un poste radio et embarque les appareils photographiques.
Après vérification par téléphone à Paris de leurs identités, les jeunes femmes sont libres.
Carinne Bertola d'après Marthe Oulié, Quand j'étais matelot, 1930
2025: Le pavillon Bonita est hissé
Après notre séjour urbain à Ajaccio, nous avons toutes très envie de nous offrir un moment au mouillage dans une crique paradisiaque que l'on trouve tout au long de la côte Ouest de la Corse. Nous choisissons le Golfe de Murtoli et sa plage d'argent. Si ce n'est pas le paradis, nous en sommes proches.



Moment solennel, nous entonnons la chanson qui était devenue l'hymne de Bonita "I saw a ship a-sailing" et hissons le pavillon Bonita.
Puis marquons le coup avec une bouteille de champagne dans cet endroit et cette lumière magiques.
Un nouveau coucher de soleil unique laisse place à la lune croissante, puis au ciel étoilé à l'infini.
Après une nuit paisible, presque seules, nous rejoignons la plage à la nage pour découvrir la crique jusqu'à la plage d'argent. C'est l'occasion de se défouler et de marcher ou courir plus que les 12 m de longueur d'Avel Heol



En milieu de journée, nous levons l'ancre à regret afin de passer les fameuses bouches de Bonifacio avec du vent portant. Les conditions se gâtent en effet le jour suivant.

Après de belles conditions de navigation, sous grande voile haute et code D, nous laissons dernière nous les couleurs claires des roches du sud de la Corse. Nous voilà en Italie, avec la playlist italienne de circonstance sur notre gramophone moderne - notre enceinte Bluetooth :)

Nous nous relayons à la barre et Sharky assume son tour aussi, avec l'avantage de dissuader les pirates d'approcher.
Les îles Lavezzi et celles de l'archipel de la Maddalena se colorent avec des passages de nuages qui refont place aux tons variés du soleil couchant.
Tout au long de cette étape, devant cette côte restée sauvage, nous nous sentons proches des filles qui admiraient les mêmes paysages, les mêmes roches et couleurs de lumière il y a 100 ans.
A l'approche de la Maddalena, le trafic de ferries est moins idyllique !
Mais à la place de trois coups de canon, la capitainerie nous envoie Angelo. Si ce n'est pas un signe du ciel ...
Une nouvelle fois nous nous amarrons à la place indiquée après une parfaite manœuvre de Dyna.


Point météo du jour:
L'alerte sur la mer Tyrrhénienne et le Nord de la Sardaigne est confirmée - orages et vents violents pendant au moins 24h. C'est désormais une certitude : nous ne pourrons pas rallier Palerme, notre objectif 2025, en faisant les mêmes escales que les filles. Le but n'étant pas de rallier la Sicile en ligne droite à tout prix, notre première étape se terminera donc à Olbia samedi, date à laquelle nous devons rendre Avel Heol et retourner en Suisse. Cette décision nous coûte bien sûr... mais elle est plus sûre, plus réaliste, et elle nous permettra de terminer le voyage en documentant nos dernières escales avec soin et dans la bonne humeur.
Ella Maillart disait : "Je veux oublier que le retour est inévitable." Cette évidence nous rattrape, mais profitons du moment présent.


Bravo à nos navigatrices d'eau douce et maintenant d'eau salée!
'Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n'en ont lu qu'une page.'
Augustin d'Hippone
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